Utilisations thérapeutiques des HE

L’utilisation des arômes pour soigner n’est pas une technique récente. Dans toutes les civilisations de l’antiquité, la mention des arômes est présente, pour des usages religieux, cosmétiques, mais aussi thérapeutiques.

Voies d’administration des HE:

Il existe plusieurs voies d’administration des HE. Le choix de l’une ou de l’autre dépend de l’HE elle-même, de l’objectif thérapeutique et de l’âge du patient.

Voie cutanée :

Principale voie d’administration des HE, l’application sur la peau est utilisée aussi bien pour une action locale que générale. Lipophiles, les HE pénètrent à travers la peau jusqu’à la circulation sanguine, mais les modalités d’utilisation vont dépendre de leur tolérance cutanée.

Elles peuvent être utilisées :

  • – Pure à condition d’être dépourvues de caractère irritant et de ne pas être appliquées sur une peau sensible. L’intérêt de cette forme d’utilisation est de pouvoir agir rapidement (brûlure, hématome, coup, herpès labial…) et en profondeur, par exemple pour une action antigrippale ou mucolytique ;
  • – diluées dans une HV. La concentration en HE dépend de sa tolérance et de l’action recherchée. Le choix de l’HV dépend quant à lui de l’action recherchée et de ses propriétés intrinsèques.

La quantité totale d’HE absorbée par la peau est fonction de plusieurs facteurs dont : quantité appliquée, support de dilution utilisé, zone et surface d’application (finesse et vascularisation de la peau). Les HE peuvent aussi être incorporées dans des crèmes, lotions, pommades, poudres (argile, talc).

Les HE sont diluées à :

  • 0,5 % pour une action dermocosmétique ;
  • 3,0% pour une action réparatrice cutanée ;
  • 5,0% pour une action sur le système nerveux ;
  • 7,0% pour une action circulatoire (jambes lourdes) ;
  • 10,0 à 30,0% pour une action anti-infectieuse.

En dehors des affections dermatologiques, le lieu d’application des HE a aussi son importance. Elles sont en général appliquées sur la peau en regard de l’organe cible:

  • – Thorax dans un but broncho-pulmonaire et anti-infectieux ;
  • – Abdomen pour agir sur les organes digestifs ;
  • – Tempes, nuque, front en cas de céphalées, migraine ;
  • – De part et d’autre de la colonne vertébrale, la voûte plantaire pour une action sur les systèmes nerveux et immunitaires ;
  • – En regard des zones douleureuse en rhumatologie ;
  • – Le cou pour les infections de la gorge.

En application cutanée, les HE peuvent être utilisées:

En friction sur une petite surface du corps (piqûre, ampoule, brûlure, hématome, bouton, stress, plaie, saignement etc…).

En massage thérapeutique: Pas seulement pour le bien être un massage aux HE peut avoir des vertus thérapeutiques assez importantes. Les molécules des essences de plantes sont suffisamment petites pour pénétrer dans la peau. Parvenues dans l’épiderme, elles dissolvent les amas graisseux avant de passer dans le sang qui les achemine dans les différents systèmes de l’organisme. Lors d’un massage par les HE, on inhale également leur arôme, si bien que les substances actives atteignent les voies respiratoires et les poumons. Parce qu’elles pénètrent dans le corps de manières aussi diverses, elles sont capables de soulager et même de soigner toutes sortes de choses : problèmes cutanés, sanguins, articulaire, musculaires….

Une huile de massage se prépare avec une HV dans laquelle on ajoute de 3 à 5 % de l’HE choisie. Quand il s’agit d’un enfant, cette quantité doit être réduite : 0,5 % pour les enfants de deux à cinq ans et 2 % pour les enfants de cinq à douze ans.

En Perfusion aromatique : On dépose quelques gouttes d’HE sur des régions très riches en vaisseaux sanguins superficiels : plis du coude ou face antérieure du poignet. Puis on fait pénétrer par légers massages circulaires. Ce procédé est censé faire pénétrer les principes actifs des HE jusqu’à la circulation sanguine et traiter ainsi l’organe malade Cependant aucune étude scientifique n’a montré le bien- fondé de cette technique.

En embaumement aromatique : Consiste à utiliser une grande quantité (10 à 15 ml par jour) par massage, puis par enveloppement (bandes Velpeau) de la région considérée.

Embaumement aromatique. Application d’huile essentielle. b. Pose d’un bandage. c. Bandage terminé : la chaleur produite par le massage et le bandage favoriserait le passage percutané des huiles essentielles.

Voie orale :

La voie orale est une voie d’introduction très peu utilisée chez l’enfant mais particulièrement intéressante chez l’adulte pour l’administration des HE. Les HE ne doivent jamais être absorbées pures par voie orale, mais diluées à raison de 5 à 15 %. S’il n’existe pas de règle absolue concernant la quantité à absorber, 1 à 2 gouttes s’avèrent déjà efficaces et il n’est habituellement pas nécessaire d’aller au-delà de 6 gouttes par jour.

Suivant l’effet biologique recherché, l’administration pourra être faite sous la langue, sur la langue ou par la voie orale classique, avec déglutition de la forme médicamenteuse.

– Sous la langue : voie perlinguale ou sublinguale :

La muqueuse sublinguale possède une irrigation très riche, grâce à un réseau veineux très développé qui débouche directement dans la veine jugulaire externe. Cette configuration permet une excellente biodisponibilité favorisée, d’une part, par un passage sanguin très rapide des molécules aromatiques et, d’autre part, par l’absence de premier passage hépatique. De plus, l’absorption perlinguale présente l’intérêt d’éviter toute irritation du tube digestif.

– Sur la langue :

L’ouverture des choanes permet aux substances volatiles placées sur la langue d’agir immédiatement sur les sinus de la muqueuse nasale. Cette voie d’administration est donc réservée au traitement des infections nasales, sinusiennes ou pharyngées.

– Voie orale classique :

La forme médicamenteuse liquide ou solide traverse le tube digestif au niveau de l’intestin grêle. L’administration (sauf cas particulier) se fera de préférence avant le repas, de manière à permettre une absorption rapide qui peut être retardée par la présence dans l’estomac d’un bol alimentaire. Si l’HE à administrer est corrosive pour la muqueuse gastrique, elle sera prise au cours du repas.

L’administration par voie orale des HE peut se faire sur un sucre, dans une cuillère à café avec du miel, dans une tisane ou encore sur un comprimé neutre (vendu en pharmacie, que l’on imprègne d’HE). Mais on retrouve aussi des préparations bien précises réalisées par un pharmacien :

Les solutions huileuses : à 10 à 20 % d’HE. La dilution peut être faite directement dans une HV comme l’huile d’olive, de germe de mais, de blé, de pépins de raisin, etc. la dilution de la ou des HE peut également être réalisée dans 25 % de labrafil 1944 CS (glycérides oléiques polyoxyéthylénés). Cet excipient est un émulsionnant qui va faciliter la dispersion des HV et des HE dans l’eau tiède, puis compléter à la quantité voulue avec une HV. 10 à 20 gouttes d’une de ces préparations sont administrées avant les repas diluées dans un verre d’eau tiède. Cela correspond, suivant la concentration en HE (10 ou 20%), à la prise de 1 à 2 gouttes d’HE pure.

Les solutions alcooliques : leur réalisation ne pose aucun problème, les HE étant miscibles à l’alcool. Après avoir pesé ou mesuré au compte-gouttes les quantités voulues d’HE sont diluées avec de l’alcool à 90°. Cette préparation peut contenir de 10 à 20 % d’HE. Les posologies usuelles pour l’adulte se situent de 10 à 20 gouttes par prise de cette solution que l’on diluera dans un verre d’eau tiède, ce qui représente selon la concentration 1 ou 2 gouttes d’HE pure par prise. Gélules : pour réaliser les gélules, la ou les HE préalablement pesées ou mesurées à l’aide d’un compte-gouttes, doivent être absorbées par une quantité suffisante d’un excipient inerte (silice ou lactose).

Voie rectale :

Toujours utilisées diluées sous forme de suppositoires en cas d’affections prostatiques ou respiratoires, essentiellement en pédiatrie dans ce dernier cas. Les HE sont bien résorbées par la muqueuse rectale. Le risque d’intolérance locale est amélioré en passant le suppositoire sous de l’eau froide pour éliminer les molécules aromatiques en surface ou en les enduisant d’huile vierge de calendula avant introduction. Les HE à phénols (Cannelle de ceylan, clou de girofle…) et à aldéhydes cinnamiques sont contre-indiqués par cette voie.

Voies transmuqueuses : auriculaire, vaginale et oculaire :

  • Ces voies sont utilisées pour des traitements à visée locale. Une diffusion dans l’organisme est rare mais toujours possible.
  • L’application oculaire est interdite avec les HE, mais peut s’avérer pratique avec les hydrolats aromatiques.
  • La voie auriculaire ne peut être utilisée que sur les tympans intégrés afin d’éviter une éventuelle toxicité. Quoi qu’il en soit, la concentration en HE devra être infime, en se limitant à des HE non toxiques et non irritantes et à des concentrations inferieures à 2 %. En revanche, des applications peri-auriculaires sont judicieuses lors de traitements d’otites moyennes.
  • La voie vaginale est traitée en aromathérapie comme la voie rectale mais pour des pathologies locales lui appartenant. Sous forme d’ovules, de lavements ou de crèmes dans toutes les inflammations, infections ou même déséquilibres notamment attribués à la ménopause. La muqueuse vaginale est particulièrement perméable, c’est pourquoi il faut limiter les quantités lorsqu’on utilise cette voie. Cependant, les études effectuées sur cette voie d’absorption sont actuellement très peu nombreuses.

Voie pulmonaire :

L’intérêt de cette voie réside dans la rapidité d’action des molécules aromatiques pour traiter les pathologies pulmonaires telles que bronchites, bronchiolites, infections alvéolaires, pneumonies, etc. Toutefois, les allergies respiratoires, en particulier les états asthmatiques, peuvent constituer une contre-indication à l’administration d’aérosols d’HE. Les HE riches en cétones (HE d’eucalyptus, de sauge, de romarin…) et lactones (Achillée millefeuille, Inule odorante, Laurier noble) ne doivent pas être administrées par cette voie en raison de leur neuroroxicité. Les méthodes de traitement par cette voie utilisent l’aerosolthérapie. les HE prescrites, dissoutes dans de l’alcool à 90°, seront vaporisées après dilution durant 15 à 30 minutes, matin et soir pendant cinq à sept jours à l’aide d’appareils à aérosols pneumatiques qui seuls permettent d’émettre des gouttelettes de 1 à 3 Um, de ne pas dégrader les HE et d’atteindre les voies respiratoires profondes, les bronches et bronchioles.

Voie rhinopharyngée :

C’est l’une des voies les plus efficaces et les plus logiques pour l’administration naturelle des substances hautement volatiles que sont les HE

L’inhalation : elle est surtout utilisée pour décongestionner la sphère ORL. Verser dans un bol 2 à 5 gouttes d’HE pures ou préalablement mélangées à 25 gouttes de Labrafil ou 1 cuillère à soupe d’alcool à 90° et rajouter 250 ml d’eau bouillante. Inhaler la vapeur dégagée pendant 5 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour, la tête sous un linge en fermant les yeux. L’utilisation d’un inhalateur au lieu d’un bol permet d’éviter le contact des vapeurs avec les yeux. En traitement d’appoint dans la journée, respirer un mouchoir imprégné de quelques gouttes d’HE en évitant le contact avec la muqueuse nasale et le visage. Les inhalations d’HE sont déconseillées chez l’enfant de moins de 12 ans. Elles ne doivent pas non plus être pratiquées en cas d’asthme, couperose, plaie au visage.

En diffusion atmosphérique : En dehors de parfumer, d’aseptiser, de désodoriser et de faire fuir les insectes, les HE en diffusion sont utilisées pour dégager les voies respiratoires. Elle permet en outre de prévenir ou d’empêcher le développement microbien dans l’atmosphère, en particulier lors de pathologies hivernales. La diffusion peut se faire avec un brûle parfum ou encore un diffuseur électrique. Toutes les HE ne sont pas bonnes à diffuser pures. Notamment celles à forte teneur en phénol comme, par exemple, la sarriette, le thym, la giroflée, qui peuvent être irritantes pour la muqueuse respiratoire. Ce mode est contre- indiqué en cas d’allergie ou asthme, il ne faut pas diffuser en continue mais 10 minute par heure au maximum, 1 heure par jour au total pour un appartement et changer d’HE ou de mélange d’HE pour ne pas désensibiliser l’odorat.

Gargarismes et bains de bouche : 5 à 10 % d’HE dissoutes dans de l’alcool éthylique à 90° dispersées dans un verre d’eau tiède.

Principales propriétés thérapeutiques des huiles essentielles :

Propriétés antiseptiques:

Parmi les produits d’origine naturelle, les HE exercent une activité antiseptique incontestée, mise en évidence dès l’origine de leur utilisation, et souvent largement supérieure à celle observée avec d’autres préparations de phytothérapie voire de certains composés issus de la synthèse chimique. Ces HE exercent principalement une activité antibactérienne vis-à-vis de germes saprophytes ou pathogènes, antifongiques vis-à-vis de champignons responsables de mycoses et même virucide, comme par exemple celles d’ail, de cannelle, d’eucalyptus, de lavande, de pin, de sarriette et de thym . A l’état isolé, des constituants comme le thymol, le géraniol, le citral et le linalol sont plus actifs que le phénol lui-même.

Quelques propriétés antiseptiques des HE utilisées.

Propriété Principales plantes à HE
Antibactérienne Basilic, bigaradier, cajeput, cannelle, clou de

girofle, estragon, eucalyptus, géranium, lavande, mélaleuca (arbre à thé), myrte, niaouli, origan, pin sylvestre, sarriette, serpolet, thym

Antifongique Fenouil, hélichryse, niaouli, pins, pistacuan

sauge officinale

Antivirale Eucalyptus, origan, santal
Antiparasitaire Basilic, citron

Propriétés analgésiques et anti-inflammatoires :

Les HE agissent au niveau cutané avec pour objectif principal de diminuer la douleur par une action sur les sécrétions des facteurs chimiques (bradykinine, histamine, sérotonine…). Les principales HE analgésiques et anti-inflammatoires sont extraites des plantes suivantes : basilic, clous de girofle, camomille, citronnelle de Java, cumin des prés, eucalyptus citronnée, fenouil doux, gingembre, etc. Les propriétés antalgiques des clous de girofle sont mises à profit en usage dentaire. Les propriétés anti-inflammatoires de la matricaire et de la camomille en usage dermo-cosmétique.

Propriétés cicatrisantes :

Plusieurs HE ont été étudiées pour leurs propriétés cicatrisantes et de protection de la peau. Parmi ces HE, celle de lavande a une grande importance pour ses propriétés de cicatrisation des tissus. A savoir que pour qu’une plaie cicatrise rapidement, il est important qu’elle ait été débarrassée des germes au préalable et qu’elle soit propre. Dans ce cas, de nombreuses HE peuvent avoir un rôle bactéricide intéressant.

Propriétés circulatoires :

Un grand nombre d’HE sont de puissants soutiens pour notre système circulatoire. Elles ont la capacité d’activer la circulation sanguine, de soulager les hémorroïdes ainsi que les jambes lourdes. Parmi les HE qui ont une action circulatoire, nous retrouvons entre autres celles de cyprés, de citron, de lemon-grass, de genièvre, de menthe poivrée et de sauge.

Propriétés digestives :

Les HE ont une action manifeste sur le système digestif. Elles sont efficaces contre la formation de gaz au niveau abdominal (HE de basilic, de sarriette, d’anis) et elles favorisent la formation des sucs gastriques nécessaires à une bonne digestion (HE de cumin, d’estragon, de menthe poivée).

Des propriétés antiparasitaires, insectifuges, insecticides, larvicides :

Les HE sont insectifuges, insecticides et parasiticides c’est à dire qu’elles éloignent ou tuent les insectes et les parasites. Elles sont par exemple actives sur:

  • – Les poux (Pediculus humanus capitis) : même à faible pourcentage dans les HE, l’alpha-terpinéol, le camphène et l’alpha-pinène sont pédiculicides et également insecticides ;
  • – Les tiques (Ixodes ricinus) : l’HE de l’arbre à thé est la plus active (en raison de la présence de terpinène 1-ol-4) ;
  • – Les mites : patchoulol (majoritairement présent dans l’HE de patchouli) l’HE de patchouli est efficace pour la lutte contre les mites et ceci par la présence du patchoulol ;
  • – Les HE de géranium, de citronnelle, de menthe ou de lavande diffusées dans l’air sont efficaces pour protéger des attaques des insectes, en particulier des moustiques.
  • Les HE tiennent à distance tous ces petits indésirables, mais, pour une protection plus sûre, il vaut mieux les appliquer directement sur le corps ou sur les vêtements.

Des propriétés de régulation du métabolisme :

Les glandes de l’organisme humain peuvent être comparées aux musiciens d’un orchestre qui jouent une musique parfaite et sont capables de s’adapter à toutes les situations extérieures, même perturbantes. Les HE ont la capacité de réguler l’action de nos glandes. Les mécanismes subtils et délicats mis en jeu par ces dernières étant véritablement complexes, il vaut toujours mieux demander les conseils d’un expert en aromathérapie, même si l’on sait par exemple que la sauge est une amie de l’appareil génital féminin et que le pin sylvestre ou le basilic agissent sur les glandes surrénales.

Propriétés antispasmodiques :

Les HE de marjolaine, de lavande ou de mélisse peuvent arrêter les spasmes, c’est-à-dire les contractions qui se manifestent de façon involontaire dans le corps, aussi bien au niveau rénal qu’au niveau des viscères (coliques, hoquet…) De très nombreuses plantes à HE (menthe, verveine, etc.) sont réputées efficaces pour diminuer ou supprimer les spasmes gastro-intestinaux. Il est fréquent qu’elles stimulent la sécrétion gastrique avec toutes les conséquences qui peuvent découler de cette « eupepsie » : amélioration de certaines insomnies et de troubles psychosomatiques divers, diminution de la « nervosité », etc. In vitro, un grand nombre d’HE (angélique, basilic, camomille, girofle, mélisse, menthe, thym) exercent une activité spasmolytique marquée sur l’iléon de cobaye isolé. D’après des travaux réalisés sur l’HE de menthe, il est possible que ce type d’activité soit lié à une inhibition de l’entrée du calcium dans les cellules.

Propriétés désodorisantes et purifiantes de l’air :

A la maison comme au bureau, les HE diffusées régulièrement dans l’atmosphère parfument et assainissent l’air que nous respirons. Quelques gouttes suffisent pour désodoriser un lieu. Un grand nombre d’HE présentent les critères nécessaires pour accomplir cette tâche : lavande, eucalyptus, romarin, bois de cèdre, orange, thym, citron… .

Quelques exemples d’indications d’HE en officine :

Il existe un certain nombre d’indications dans lesquelles l’aromathérapie raisonnée a toute sa place au comptoir, dans le cadre d’un conseil destiné à des personnes n’étant ni enceintes ni allaitantes et âgées d’au moins 8 ans.

Aphtes : 1 goutte d’HE d’arbre à thé localement.

Brûlures cutanées : 3 gouttes d’HE de lavande officinale, à renouveler régulièrement.

Céphalées : 1 à 2 gouttes d’HE de menthe poivrée sur les tempes (attention aux yeux, contre-indiquée chez les femmes enceintes allaitantes et les enfants de moins de 8 ans) ; l’HE de lavande vraie peut aussi être utilisée.

Crampes d’estomac : 1 goutte d’HE de basilic exotique sur un support par voie orale ; contre-indiqué chez les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 12 ans.

Diarrhée : 1 goutte d’HE d’origan compact + 1 goutte d’HE de menthe poivrée sur un support, à la fin du repas (maximum 3 fois par jour, 3 jours) ; contre-indiqué chez les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 12 ans. adulte, il est possible d’utiliser l’HE de basilic tropical ou exotique.

Mal des transports : 1 à 2 gouttes d’HE de citron ou de gingembre sur un support neutre au moment des troubles ou/et avant le départ.

Mycose buccale : 2 gouttes d’HE d’arbre à thé avec 2 gouttes d’HE de lemon- grass dans un bain de bouche ou sur le dentifrice, une fois par jour.

Piqûres d’insectes : 3 gouttes d’HE d’eucalyptus citronné en application locale cutanée toutes les 5 minutes jusqu’à nette amélioration.

Varicelle ou zona : 20 gouttes d’HE de ravintsara, 20 gouttes d’HE de niaouli, 20 gouttes d’HE de bois de cèdre, 20 gouttes d’HE d’arbre à thé dans 40 mL d’huile végétale (HV) de millepertuis, en massage local ; un mélange à parts égales avec HE de ravintsara, de niaouli et d’eucalyptus radié (à partir de 3 ans) peut être diffusé, durant 1 à 2 heures par jour.

En cas de mélange des HE entre elles, le principe de « synergie » doit être pris en compte. Il n’est pas possible, en effet, pour respecter l’indication thérapeutique, de mélanger n’importe quelles HE. Ce mélange peut être simple en associant seulement deux HE ou alors complexe avec plusieurs.

Cependant, une quinzaine d’HE peuvent être jugées “incontournables” et constituent une armoire à pharmacie pour des soins aromathérapiques “basiques” :

  • – Arbre à thé : infections, plaies.
  • – Ciste ladanifère : saignements, coupures, plaies.
  • – Citron : nausées, problèmes circulatoires.
  • – Eucalyptus citronné : inflammations.
  • – Gaulthérie : douleurs.
  • – Géranium : cicatrices, peau grasse et sèche, atopique.
  • – Girofle : anesthésie, infections.
  • – Hélichryse italienne : bleus, coups, bosses, chéloïdes, maladie de Raynaud.
  • – Lavande aspic : cicatrices, brûlures, plaies.

Utilisées depuis toujours par toutes les civilisations, les plantes ont apporté aide et réconfort aux maux les plus divers. Les HE extraites de certaines plantes odoriférantes ont prouvé, à ce même titre, leur valeur inestimable pour la santé. Mais il faut garder à l’esprit que les HE, comme l’ensemble des plantes médicinales, ont un rôle de médicament, que leurs actions thérapeutiques sont souvent puissantes et nécessitent qu’elles soient utilisées de manière appropriée.

Précautions d’emploi :

Les HE sont des substances très actives, dont l’utilisation réclame certaines précautions d’emploi. Mal employées, utilisées à mauvais escient ou à des doses inadaptées, elles peuvent être responsables d’effets secondaires importants, c’est pourquoi il est impératif de :

  • – choisir des produits de qualité irréprochable et contrôlés. les HE provenant de la distillation de plantes sauvages et de cultures saines possèdent des vertus incomparablement supérieures à celles cultivées avec utilisations de substances chimiques
  • – de respecter la posologie à la goutte ;
  • – de ne pas utiliser les HE de façon prolongée, même à faible dose, et donc de respecter des fenêtres thérapeutiques de trois semaines lors d’un traitement chronique ;
  • – les HE pures ne doivent pas être appliquées sur les parties sensibles du corps (muqueuses, visage, aisselles, etc.) ;
  • – les HE riches en composés phénoliques (girofle, origan, sarriette, thym fort) ou en aldéhyde cinnamique (écorce de cannelle) sont très agressifs. Ne jamais les
  • utiliser à l’état pur directement sur la peau. Il faut les diluer avec de l’huile, un disper ou de l’alcool ;
  • – Chez un patient allergique, il est préférable de faire un test de l’huile dans le pli du coude (deux ou trois gouttes) pour constater la survenue éventuelle d’une réaction qui déterminera l’emploi ou non de l’huile ;
  • – la prise d’HE par voie interne relève, par principe, de la prescription médicale ;
  • – Il convient aussi de ne jamais mettre d’HE, même diluées, dans l’œil Si cela arrive, un rinçage sous le robinet d’eau permet de retirer en grande partie l’huile alors que l’application d’un coton imbibé d’HV adoucit son agressivité ;
  • – L’administration d’HE est à éviter pendant la grossesse et chez l’enfant de moins de trois ans.

L’aromatique émotionnelle :

De l’aromacologie terme crée en 1980 par Annette Green, présidente de la fragrance foundation, qui a donné une impulsion vigoureuse aux recherches axées sur les relations entre la psychologie et les odeurs à l’olfactothérapie conçue par Gilles Fournil en 1992 qui intègre également la dimension quantique, l’approche consiste essentiellement à inhaler des principes aromatiques qui vont interférer sur les émotions, les comportements et le bien-être de l’individu ou du groupe.

Comme on l’a déjà vue c’est dans le cerveau primitif, ou système limbique, que le comportement se détermine à travers l’expression émotionnelle et la formation de la mémoire. Depuis notre plus jeune âge, nous sommes connectés à notre ressenti, c’est-à-dire à nos perceptions émotionnelles, environnementales et interpersonnelles (familiale, scolaire, sociale, professionnelle, etc.). Ainsi, l’émotion se positionne comme la trame invisible qui conduit notre vie de la naissance à la mort. L’aromacologie permet le cheminement qui, tel un «fil d’Ariane», nous relie à notre Moi profond à notre identité propre et pour cela, il est important d’exprimer les émotions du moment qui parasitent l’instant présent. Ainsi, la réception d’un arôme approprié peut réveiller ou révéler une perception, un sentiment ou bien une sensation physique et/ou psychique retenue, voire enfuie dans des couches profondes de l’individu. Le parcours aromatique mènera le patient à faire le chemin de l’inconscient au conscient afin d’entrer dans l’acceptation et le ressenti. Exprimer verbalement et/ou corporellement une émotion en la sentant au plus profond de soi, c’est en prendre conscience pour la libérer, la laisser aller… l’expirer pour enfin s’en inspirer.

L’aromatique émotionnelle permet ainsi de passer d’un processus négatif ou dégradatif à une dimension positive et créative. C’est un accompagnement vers une « réparation » et une « acceptation » de l’émotion du moment qui procure une paix et fluidité intérieure pour un lâcher-prise dans l’instant présent : « les mots se posent sur les maux », de façon simple et spontanée pour alléger le cœur et le corps.

Le lien profond qui existe entre odeur, émotion et mémoire rend de l’olfactothérapie un moyen efficace pour aider les patients ayant subi des traumatismes neurologiques de retrouver peu à peu le fil de leur mémoire. Comme au cœur du service de réadaptation neurologique de l’hôpital Raymond-poincaré de Garches (Hauts-de-seine), au fond d’un couloir qui lui, « sent » nettement l’hôpital, se trouve un bien curieux atelier celui d’olfactothérapie ;

« l’olfactothérapie n’est pas reconnue comme thérapeutique médicale mais elle a un effet bénéfique pour réactiver les capacités mnésiques des patients. C’est un soutien à la rééducation neurologique », souligne le Pr Bussel, chef du service de la réadaptation neurologique.

Ces ateliers sont proposés très peu de temps après l’accident, à des patients qui sont en phase d’éveil de coma ou qui sont encore très renfermés sur eux-mêmes, avec des déficits sensoriels, moteurs et/ou cognitifs (mémoire, attention, concentration). Ils fonctionnent en séances individuelles ou par groupes en présence d’un expert de parfum et une équipe médicale (rééducateur, orthophoniste, ergothérapeute, kinésithérapeute…). Les patients sont invités à sentir des odeurs sur des thèmes différents : balade en forêt, en bord de mer, repas au restaurant. Plus de 200 essences différentes contenues dans de petites fioles ou présentées sur des bandelettes de papier pour mieux les sentir sont utilisées afin d’aider les patients à reconstruire leurs souvenirs enfouis par le traumatisme. Les ateliers d’olfactothérapie ont également retrouvés une grande importance en gériatrie et en cancérologie.

« L’olfactothérapie, c’est une note colorée dans un monde hospitalier qui se décline plutôt en noir et blanc » résume Marie-France Archambault, psychomotricienne de formation qui est à l’origine de ces ateliers olfactifs. Ils sont généralement très appréciés par les patients se sont rares ceux qui refusent de venir aux séances et il y en a même qui en redemandent.

L’aromatique émotionnelle ouvre des horizons sur une nouvelle intelligence du corps- esprit, nous connaissons la signification du « Q.I. » (Quotient intellectuel), maintenant, comprenons la différence qui concerne le « Q.E. », appelé aussi « intelligence émotionnelle », qui recouvre la conscience de soi, la maîtrise de soi, la capacité à se motiver soi-même. L’importance de l’intelligence émotionnelle ne sera jamais assez prônée. Pourtant, nous pouvons ne plus être esclave de nos pensées, de nos émotions et passer dans un « vide quantique », un espace-temps neutre, un sas de liberté par une totale présence à soi. Pour cela, il faut se détacher du plan matériel, émotionnel et intellectuel en activant cette interface sensorielle que sont les terminaisons nerveuses du nez et de la peau à l’aide d’informations aromatiques selon un protocole réflexogène.

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