Important à savoir sur Les huiles essentielles

Un parfum produit le même effet qu’un beau morceau de musique ou une caresse empreinte d’amour : il réjouit le cœur et les sens. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les HE connaissent, depuis quelques années, un vif succès surtout si l’on songe que, au-delà du simple plaisir olfactif, elles peuvent exercer une action bienfaisante, voire thérapeutique, aussi bien sur le corps que sur l’esprit. Autrefois réservées à la parfumerie et à la pharmacie, les HE sont aujourd’hui omniprésentes dans notre quotidien : dans des produits d’hygiène ou dans des parfums d’ambiance, dans des huiles aromatiques destinées aux massages bien-être, commercialisées sous forme de complexes visant à purifier notre air pollué et nous débarrasser des acariens ou autres insectes, ou encore recommandées en cuisine pour personnaliser certains plats.

Les huiles essentielles (HE) sont le parfum des plantes. Lorsque nous humons une rose, que nous épluchons une orange ou que nous fripons une feuille de menthe ou de romarin entre les doigts, c’est l’HE en train de se volatiliser qui nous fait éprouver cette sensation olfactive si agréable. Les HE sont à la fois des parfums et des remèdes naturels.

Selon la Commission de la Pharmacopée Européenne une HE est: « Un produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’HE est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition ».

Composants d’une HE :

Chaque HE se compose de plusieurs éléments biochimiques parfois très nombreux, qui, tous ensembles, déterminent ses propriétés thérapeutiques.

C’est ce qui rend les HE polyvalentes, avec de nombreuses propriétés et indications, à l’inverse d’un médicament, qui ne renferme généralement qu’une seule molécule, pour une seule propriété thérapeutique.

schéma indiquant les composants d’une huile essentielle

La plupart des HE présentent un composant biochimique majoritaire et distinctif : Le chémotype, également appelé type chimique de la plante. Cet élément permet de distinguer les HE extraites d’une même espèce ou variété botanique mais de composition biochimique différente. En effet, les composants aromatiques d’une plante ne sont pas immuables ; ils varient en fonction de divers éléments comme l’ensoleillement, la nature et les composants du sol, etc. Ainsi, deux plantes identiques peuvent sécréter des essences dont les différences sont plus au moins importantes. Ce chémotype (CT) est repéré grâce à une analyse chromatographique et spectrométrique qui reconnaît et identifie les molécules présentes dans l’HE. Cette classification est indispensable car elle permet de sélectionner les HE pour une utilisation plus précise, plus sûre et plus efficace. Ainsi, par exemple, l’HE de Thymus vulgaris (CT thujanol) présente d’importantes propriétés anti-infectieuses tout en ayant une action stimulante et régénératrice au niveau hépatique, alors que l’HE de Thymus vulgaris (CT thymol) est fortement antibactérienne mais dermo-caustique et hépatotoxique à doses élevées et prolongées.

Propriétés physico-chimiques des HE :

Du point de vue de leurs propriétés physico-chimiques, les HE sont :

  • – liquides à température ambiante, mais à basse température, certaines HE cristallisent ;
  • – Volatiles, ce qui les oppose aux “huiles fixes” ou “huiles végétales”. Cette volatilité explique leur caractère odorant ainsi que leur mode d’obtention par entraînement à la vapeur d’eau ;
  • – Très solubles dans les huiles grasses (qui constituent un très bon véhicule lorsque l’on souhaite les diluer) ;
  • – De caractère liposoluble, les HE ne se dissolvent pas dans l’eau ;
  • – Altérables, sensibles à l’oxydation, mais ne rancissent pas. Elles ont, en effet, tendance à se polymériser pour former des produits résineux ;
  • – Diversement colorées ; tout l’arc en ciel est représenté : l’ultraviolet des zestes des mandarines ; le bleu des sommités de tanaisie ; et même le rouge sang de certaines sariettes ; en passant par le vert, vert émeraude de l’inule odorante, vert pâle des zestes de bergamote ; le jaune pâle de la sauge sclaré ;
  • – Elles possèdent un indice de réfraction élevé et ont souvent un pouvoir rotatoire.

Conservation des HE :

Comme les possibilités de dégradations sont nombreuses (repérables par la mesure d’indice de peroxyde ou d’acide par exemple, par des changements de propriétés physiques ou par chromatographie) et que ces dégradations peuvent modifier les propriétés ou l’innocuité des HE, il faut utiliser des moyens de conservation adaptés : Utilisation de flacons propres en aluminium vernissés, en acier inoxydable ou en verre anti-UV, presque totalement remplis et fermés de façon étanche, avec un gaz inerte dans l’espace libre ; ces flacons doivent être stockés à l’abri de la chaleur et de la lumière.

Présentations des HE :

Il existe trois types de présentation :

  • – HE pures ;
  • – HE hydrosolubles : c’est-à-dire HE pure mélangée à 85 à 90 % de disper (Emulsifiant naturel qui permet d’émulsionner les HE insolubles dans les milieux aqueux. Il est utilisé pour    préparer des solutions buvables concentrées en HE);
  • – Solutions huileuses : association d’huile végétale avec une ou plusieurs HE (concentration comprise habituellement entre 5 et 10 %).

Généralement, les HE sont souvent trop puissantes pour être utilisées pures, notamment sur de grandes surfaces de la peau. Elles risqueraient d’irriter. Et comme elles ne sont pas solubles dans l’eau, il faut les mélanger à un corps gras « huile végétale ».

Chaque HV possède aussi ses propres propriétés, qui renforcent celle de l’HE. Voici quelques exemples d’HV:

  • – Amande douce : assouplit, hydrate et protège la peau, calme les irritations ;
  • – Noisette : pour les peaux sèches ;
  • – Abricot : nourrissante et hydratante pour la peau ;
  • – Jojoba : antirides, hydratante ;
  • – Rose : cicatrisante ;
  • – Onagre : ralentit le processus de vieillissement cutané ;
  • – Bourrache : antiride, peaux sèche ;
  • – l’huile de calophylle : améliore la circulation du sang ;
  • – L’huile de macadamia : est extrêmement pénétrante ;
  • – L’huile de germe de blé, exceptionnellement nourrissante, est parfaite pour les soins de la peau et des ongles.

Qualité des HE :

Quelle que soit leur utilisation, les HE doivent répondre à des critères de qualité, qui ont été publiées pour les cosmétiques sur le site de l’ANSM. Les HE doivent être :

  • – obtenues à partir de MP précisément identifiées en se référant à la norme ISO 4720 pour éviter les confusions ;
  • – contrôlées selon des procédés définis ;
  • – présenter des caractères physicochimiques précis, être conservées de façon satisfaisante ;
  • – les conditions de production et de récolte de la plante sont primordiales pour la qualité des végétaux, puis de leur HE ;
  • – L’identité de la MP est indispensable pour assurer la traçabilité, elle peut être certifiée par le fournisseur

Les HE sont à évaluer sur leurs qualités physicochimiques, et leurs constituants identifiés au moins par CG en CPG, couplée à la SM. D’autres analyses permettent de vérifier l’absence de fraude ou de trouver des molécules réputées allergènes.

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