SANTAL HUILE ESSENTIELLE – ABSOLUE (Famille des Santalacées)

Etvmologie: Le nom vient du sanscrit “tchandana” ou “candana” qui a donné “sandal” en arabe, puis “sandalum” en latin médiéval.

Milieu

On trouve le santal généralement à basse altitude, sur des sols secs très filtrants, seul ou en forêt. Presque toutes les espèces sont des hémiparasites sur une Bien que ce nom soit lié à l’Orient, le santal ne pousse pas en Extrême-Orient mais dans la région indopacifique. Il croît dans les régions tropicales et tempérées du Pacifique, sur une superficie immense qui couvre la quasi- totalité de cette zone. En Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu, le santal est représenté par les trois variétés de Santalum austrocaledonicum Vieill. Encore répandus sur l’Ile des Pins et aux Iles Loyauté, les groupements sont aujourd’hui restreints sur le pourtour de la “Grande Terre”. ou plusieurs plantes-hôtes. Elles vivent en symbiose avec un végétal dont elles tirent une partie de la sève, grâce à des suçoirs (haustoria) développés sur le système racinaire. Dans les pépinières, le Santalum austrocaledonicum est élevé avec une petite plante, l’Alternanthera. Puis en forêt, il vit en symbiose avec le “faux Gaïac” (Acacia spirobis), un kohu ou un kauri, mais il peut parasiter d’autres plantes, même des herbacées.

Description de la Plante

Le santal est un petit arbre (5 à 12 m), à l’écorce sombre, profondément crevassée en long, très dure, couverte de lichens. Le tronc (fût) est droit, long, d’un diamètre de 30 à 45 cm, et les branches dressées et fines. Les feuilles simples, opposées, sont vert-clair. Elles changent de forme lorsqu’elles sont adultes. D’abord fines et linéaires, elles deviennent ensuite ovales. Les petites fleurs, d’un blanc tirant sur le vert, se groupent en panicules terminales ou axillaires. Le fruit est une drupe noire à maturité, très prisée par les oiseaux qui participent à sa dissémination.

Histoire

L’exploitation du santal dans le Pacifique commença dès les premières années du XIXe siècle aux îles Fidji, aux îles Marquises et Hawaï. Puis un trafiquant, Peter Dillon, en découvrit à Erromango peu avant 1830. Mais c’est à partir de 1840 que le commerce se développa avec les découvertes faites en Nouvelle-Calédonie, et en particulier sur l’Ile des Pins. Lors du passage du navire missionnaire Camden, Edward Foxall, l’un des membres de l’équipage, remarqua la présence de bois de santal parmi le bois de chauffage embarqué sur l’île. Il vendit cette information à des marchands australiens et, malgré les précautions, la nouvelle se propagea, attirant sur l’ile des Pins puis sur les îles voisines les santaliers. Ce fut le début d’un trafic intense. Au début du XIXe siècle, le santal a fait l’objet d’un commerce important avec la Chine, car c’était la seule denrée qui pouvait être échangée contre le thé, dont les

Martelage de l’arbre sélectionné pour la coupe

P R O D U C T I O N

Exploitation du bois

Depuis 1987-1988, les autorités officielles et coutumières de Nouvelle Calédonie ont collaboré pour réaliser l’inventaire du potentiel végétal, réglementer les coupes et organiser le repeuplement systématique. La sensibilisation des populations locales à cette politique a été un facteur essentiel de sa réussite. L’exploitation des arbres est aujourd’hui conduite par les communautés locales, qui gèrent les terres. Les quotas de coupe sont répartis entre les tribus sous l’autorité des Grands Chefs. Les arbres sont sélectionnés et identifiés en forêt par un martelage du tronc, et l’abattage contrôlé par les services forestiers. La quantité autorisée pour la coupe ne dépasse pas la capacité de régénération naturelle. Les jeunes arbres, élevés

Lors de la coupe, le tronc, débarrassé de son aubier, les grosses branches et les racines sont réservés pour la distillation. Une certaine maturité de l’arbre est nécessaire (25 à 30 ans) pour que le “bois de coeur”, qui seul contient de l’essence, soit développé par rapport au poids total de bois. De couleur beige-jaune, il a un grain très fin, une odeur agréable, forte, piquante. Le santal est ensuite mis à sécher jusqu’à perdre environ 20 % de son poids, avant d’être refendu, débité puis broyé en menus copeaux. Le Santalum austrocaledonicum se rapproche du santal Inde, Santalum album, par son odeur et sa composition. Il diffère complètement du santal australien (Santalum spicatum).

H U I L E ESSEN T I EL L E

Procédé d obtention: Les copeaux de “bois de coeur” sont distillés à la vapeur, jadis dans des alambics en cuivre, en inox aujourd’hui. Rendement : la distillation sur le bois de coeur livre 1 à 2 % d’huile essentielle.

Aspect:C’est un liquide visqueux de couleur jaune pâle.

Odeur: L’odeur, tenace, est boisée, douce, chaude et épicée.

Analvse Phvsico-chimique: Densité d20/20 : 0,968 à 0,983 Indice de réfraction : 1,502 0 à 1,509 Pouvoir rotatoire : -14 à -29°.

Les Anglais étaient devenus de grands consommateurs. L’utilisation intensive du santal par des pays qui n’en possédaient pas fut pour une grande part à l’origine de la prospection systématique de l’Océan Pacifique par les trafiquants. La surexploitation conduisit à une pénurie dès 1865. A la fin du XIXe siècle, l’Europe réactiva ce commerce marqué par une production anarchique, liée a de forts mouvements spéculatifs.

Traditions et usages:  Les traces écrites les plus anciennes de l’utilisation du santal remontent à 300-400 av. J.-C. On y fait mention dans la Bible, dans des livres en sanskrit, dans des manuels chinois, mais également dans les contes des mille et une nuits. Les Egyptiens l’importaient pour l’utiliser en médecine et dans la pratique de l’embaumement. Le bouddhisme le considère comme l’un des 3 encens intégraux, avec le clou de girofle et le bois d’Agar. L’huile de santal était utilisée dans les rituels religieux, et de nombreux temples bouddhistes étaient construits de son bois. On considérait le bois de santal comme un présent royal. Dans les îles du Pacifique, son utilisation la plus fréquente était celle d’un adjuvant parfumé pour l’huile de noix de coco : le bois était réduit en sciure par frottement contre une peau de requin avant d’être mélangé à l’huile, dont on s’enduisait le corps et les cheveux. Les usages médicinaux étaient aussi très nombreux. On peut citer le jus des feuilles pour soulager les hématomes Il a sa place aujourd’hui en aromathérapie, pour son action sur les systèmes nerveux, lymphatiques et cardio- vasculaires, et pour ses propriétés antiseptiques. Mais son domaine privilégié est la fabrication des encens et la parfumerie, pour sa fragrance, que l’on retrouve dans de nombreuses compositions, mais aussi pour ses capacités fixatrices.

Composition de l’huile: L’huile essentielle a une composition complexe, comme c’est le cas pour toutes les huiles essentielles de Santalum. Les constituants majoritaires sont les santalols, alcools sesquiterpéniques développant une odeur douce et boisée de bois de santal. Le cis alpha santalol est présent à hauteur de 40 à 50 %, tandis que la teneur en cis-bêta- santalol se situe autour de 20 %. L’huile essentielle contient en outre à plus de 1 %, par ordre d’importance : de l’épi-bêta-santalol, du cis-nuciférol, des alpha-farnésols trans-trans, cis-trans et cis-cis, du trans- bêta-santalol, de l’acide hexadécanoïque, de l’alpha- santalène, de l’épi-bêta-santalène et de l’ar-curcumène. Citons enfin la présence à moins de 1 % de : santalone, bêta-santalène, bicyclogermacrène, alpha-bisabolène, géranyl acétone, bêta-sesquiphellandrène,bêta-curcumène, dendrolasine, acétate de géranyle, érémolignol, delta- curcumène, bêta-bisabolol, acide santalique, érémo- phyllène, épi-cis-alpha-bisabolol, alpha-bisabolol, trans- alpha-bergamotol, spirosantalol, alpha-santalal, trans- lancéol, trans-nuciférol, cis-lancéol, acétate de cis-alpha santalyle, bêta-bisabolénol, acétate de cis-nuciféryle, acétate de trans-trans-farnésyle, acide palmitique, et palmitate d’éthyle.

Alpha santalol Bêta santalol

ABSOLUE

Procédés d’obtention: L’extraction se fait à l’aide d’un solvant organique autorisé, sur le bois séché après distillation (les drèches). La concrète obtenue est ensuite transformée en absolue par un procédé classique (lavage alcoolique, suivi de glaçage et concentration). L’absolue rectifiée livre l’absolue claire par distillation moléculaire.

Rendement : le bois après distillation livre environ 3 % d’absolue brute. Pour obtenir ensuite l’absolue claire, le rendement est légèrement supérieur à 50 %.

Aspect: L’absolue brute est un liquide visqueux de couleur ambrée, brune, l’absolue claire est in- colore à jaune clair.

Odeur: Après un départ lacté, éthéré, aux notes chaudes gustatives rappelant le rhum ou les alcools de fruits, l’odeur développe ensuite la note boisée douce caractéristique du santal.

Analvse Phvsico-chimique: Densité D20/20 : 0,970 à 1,000 (absolue claire : 0,965 à 0,985). Indice de réfraction : 1,500 à 1,514 (absolue claire : 1,500 à 1,510). Pouvoir rotatoire : lévogyre, autour de -20° pour l’absolue claire.

Composition: L’absolue a une composition proche de celle de l’huile essentielle ou des extraits de Santalum album. Les constituants majoritaires sont les santalols. Le cis alpha santalol est présent autour de 40 %, tandis que la teneur en cis bêta-santalol se situe autour de 15 à 20 %. Les extraits de Santalum austrocaledonicum contiennent en outre : de l’épi-bêta-santalol, les cis et trans nuciférol, les alpha-farnésols, du trans-bêta-santalol, de l’acide hexadécanoïque, de l’alpha et du bêta santalènes, de l’épi- bêta-santalène et de l’ar-curcumène. Citons enfin la présence de traces de : santalone, bicyclo- germacrène, alpha-bisabolène, géranyl acétone, bêta- sesquiphellandrène, bêta-curcumène, dendrolasine, acétate de géranyle, érémolignol, gamma-curcumène, acide santalique, érémophyllène, épi-cis-alpha-bisabolol, alpha- bisabolol, trans-alpha-bergamotol, spirosantalol, alpha- santalal, trans-lancéol, trans-nuciferol, cis-lancéol, acétate de cis-alpha santalyle, bêta-bisabolénol, acétate de cis- nuciféryle, acétate de trans-trans-farnésyle, acide palmitique et palmitate d’éthyle.

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