l’art du parfumage n’est pas anodin puisque le parfum se révèle être cette parure invisible qui nous habille tout comme le fait un vêtement. Aussi, savoir l’associer, le doser devrait faire partie intégrante de notre rituel beauté. Maîtriser son art au sens propre du « parfum artifice » et donc de la séduction artificielle, du célèbre « naturel travaillé » ou « nude » pourrait éviter bien des écueils.

A l’origine le parfum était brûlé, aussi on privilégiait l’encensoir, puis on pratiqua des massages pour faire pénétrer le parfum avec l’huile. Lorsque la distillation est apparue, le geste fut l’aspersion pour les hommes notamment avec la Cologne.

Mais il faut bien comprendre que jusqu’au 20ème du fait de la concentration du parfum qui était sous forme d’extrait, on se parfumait avec parcimonie, et on le déposait en touches sur le corps.

Il faut savoir que durant très longtemps le parfum était réservé aux dieux. Ce n’est que bien

plus tard qu’il entra dans la sphère de l’intime. Se parfumer pour une femme…était un secret ! Le 18ème siècle marque un tournant dans la parfumerie, et la France domine le monde du parfum. A cette époque Grasse revêt le titre de « Capitale mondiale de la parfumerie », à Paris siègent les plus grands parfumeurs, et avec la distillation, le flacon va prendre toute son ampleur. D’ailleurs, les femmes de l’époque devaient verser le parfum des fioles achetées au parfumeur, dans des flacons précieux.

Au 19ème siècle le parfum entre dans le boudoir, au 20ème, le vaporisateur de sac autorise un parfumage discret à n’importe quel moment de la journée..N’oublions pas : se parfumer en public est vulgaire. Avec les années 70, on assiste à la banalisation du geste. Jadis, on déposait une goutte de parfum sous forme d’extrait aux points de pulsation. Aujourd’hui, avec les atomiseurs vaporisateurs, le geste s’avère large.

Ensuite, la galénique influe également. Pour les concrètes ou encore les stylos, on cherche les points de pulsation sur le corps . Comme le disait Coco CHANEL, «Parfumez-vous partout où vous souhaitez être embrassée ! » donc là où le cœur bat, et où, la peau est plus chaude puisque le parfum a besoin de chaleur pour se diffuser….

Aujourd’hui une société propose un système qui permet de déposer le parfum par goutte sur les zones de pulsation

On revient à la précision du geste, au côté précieux de la gestuelle. Est-ce à faire un parallèle avec la crise que nous traversons ? Oui, je pense. En effet, on a remarqué historiquement que durant la crise des années 20, l’industrie du luxe s’est bien portée. D’ailleurs, il nous reste de ces années des objets luxueux. En effet, nous ne sommes pas assez riches pour mal consommer. Ainsi, une consommation plus raisonnée, marque le retour du parfum à sa dimension de luxe.

La gestuelle de l’homme est ce que l’on nomme un splash (avec notamment la cologne après le rasage) donc une gestuelle large. La femme précise son geste. Cependant, aujourd’hui, la gestuelle des hommes se rapprochent de celles des femmes.

En Orient, la gestuelle est plus large. On est plus dans le layering : on se parfume de plusieurs parfums et de ce fait on créé le sien, un peu comme Jo Malone ou encore le dernier « J’Adore Touche de Parfum » de Dior avec son système « Note* » qui permet de l’associer avec une autre concentration.

La gestuelle se doit d’être adaptée à la concentration du parfum choisi !

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